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Lausanne - Lozanne
Quelques impressions aprs LAUSANNE - LOZANNE

Première surprise, à la sortie de la ville. Un site archéologique d’où ont été exhumés les restes d’une ville romaine. Nous suivons toujours les rives du lac jusqu’à Morges. Son port de plaisance présente une forêt de mats de bateaux. Tout près un beau château, ancienne résidence des baillis bernois. Un petit détour vers le « migros » local afin de s’approvisionner et nous partons tout droit vers la montagne.

Enfin pas si droit que cela, il faut franchir toutes les routes, autoroutes, voies ferrées qui encerclent le lac, tant et si bien qu’après plusieurs kilomètres de montée panoramique à travers les vignes, nous nous apercevons que notre parcours est faux ! Cela nous vaudra de découvrir quelques villages typiques tels : Saint Saphorin,  Colombier, Gottens et Apples où nous rejoignons la bonne route. Chacun d’entre eux représentent de fameuses côtes à franchir.

Nous avons pris du retard et nous n’achèverons pas la journée dans la bourgade prévue au nom sympathique de Bière. Nous nous arrêtons peu avant Ballens, minuscule petit village. La seule personne rencontrée regrette de n’avoir rien de « décent » à nous proposer, mais nous mène chez le voisin où l’on nous reçoit comme des rois. Repas en famille dans le jardin, douche, chambre, Yannick se charge de rentrer les chevaux, il fera aussi une soirée télévision sûrement bien tardive qu’il ressentira le lendemain. 120 kilomètres.

Après le petit déjeuner consistant et l’adieu à nos charmants hôtes, les choses sérieuses commencent. Dès la sortie de Bière, petite ville de garnison, une longue, très longue montée s’amorce. Dire que nous allons franchir le Mont Tendre ! Yannick n’avance pas… Il faut l’attendre souvent et la pente se redresse tout le temps. De belles échappées sur le lac Léman. Par temps clair on aperçoit parait-il le jet d’eau de Genève. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, la brume de chaleur brouille le paysage.

Enfin le sommet de ce Marchairuz (1447 mètres). La descente est bien courte en comparaison de ce que nous venons de monter. Nous sommes dans une haute vallée au pied des Monts du Jura, d’un côté le lac de Joux, de l’autre la France que nous retrouvons presque sans le savoir. Bois d’Amont premier contact avec notre pays, c’est près du cimetière que nous trouvons un banc ombragé pour notre repas fait des victuailles que nous transportons depuis Lausanne.

Un très beau parcours original nous attend. Par une route forestière nous allons traverser la forêt du Risoux. Elle est peuplée en grande partie d’épicéas. Nous nous régalons de framboises, de myrtilles et de fraises des bois. Dans ce cadre magnifique qui n’est certes pas plat, après le site du Chalet du Ministre, nous plongeons vers la curieuse entaille de la Brienne où est nichée Morez, capitale de la lunette.

Nous allons faire contrôler nos cartes de route. Malheureusement le musée de la lunette est fermé. Nous nous contentons de l’office du tourisme. Vue la chaleur, nous nous offrons une bouteille de Cola, qui sera dégustée tout en admirant les truites imposantes qui peuplent les eaux de la Bienne et qui se disputent, gourmandes les mouches que nous leur offrons.

Ressortir de la ville signifie remonter sur le plateau, nous n’y échappons pas. Un cycliste autochtone vient nous tenir compagnie un bon moment, notre cadence pour monter lui plait. Après avoir passé Longchaumois, quelques gouttes de pluie l’incitent à nous abandonner pour retourner chez lui. La descente s’amorce, avec quelques lacets serrés. Nous retrouvons la Bienne dans un site toujours aussi encaissé, il abrite la ville de Saint Claude.

Ici c’est la pipe qui est à l’honneur comme en témoigne cette bouffarde géante qui trône sur la place centrale. Le ciel devient vite menaçant, nous cherchons abri dans un supermarché, un « Colruyt » aux tickets de caisse toujours aussi importants. Mais avant d’en trouver l’entrée, dans cette ville à la circulation compliquée, nous aurons droit à recevoir une belle averse.

Le temps de faire nos achats, le ciel s’est éclairci et nous pouvons repartir. La route commence à s’élever, un peu, beaucoup et voici que l’orage gronde à nouveau. Nous sommes coincés entre la montagne abrupte et un précipice profond. Il n’ y pas le choix, il faut continuer. Yannick fait l’expérience d’un déluge sans poncho ! Pas la moindre habitation ! Un chemin pierreux indique l’Abondance, nous tentons notre chance.

Première rencontre, une maison habitée, genre caverne d’ALI baba. Nous en ferons le tour, entrant même dans le rez-de-chaussée. En vain nous ne trouvons pas l’entrée !!! Un peu plus loin une autre maison. Cette fois il y a du monde, deux personnes âgées peu rassurées de notre intrusion. Il nous pas vu, ici, un étranger depuis plus de dix ans. En définitive ils nous ouvrent leur grange regorgeant de foin. Du foin comme on en voit plus, coupé à la faux. Il est descendu de la montagne dans de grandes bâches portées sur le dos.

En plus du gîte on nous offre un gros bidon de lait bien frais. Dehors la pluie redouble, quelle importance nous sommes bien au sec ! Seulement 93 kilomètres aujourd’hui, nous n’avons pas rempli notre contrat journalier.

Il a plu presque toute la nuit, mais au matin c’est le brouillard qui a pris la relève. C’est à peine si nous distinguons la station des Bouchoux lorsque nous passons près d’elle. La route continue de s’élever doucement à travers les prairies, le soleil arrive à pointer ses rayons. Au col  de la Croix Serra (1409 mètres), c’est gagné, le ciel est bleu.

Belle descente dans les gorges boisées jusqu’à Saint Germain de Joux, au passage, des vues impressionnantes sur une autoroute collée à la montagne. Nous entrons dans le Bugey, un court moment dans la vallée et c’est de nouveau une belle côte qui s’amorce. Elle est heureusement bien ombragée, car la chaleur arrive.

Midi sonne lorsque nous rencontrons la bourgade du Poizat, rien de bien terrible, mais elle possède une épicerie. Près de l’église une table ombragée nous attend, le plus difficile est de trouver de l’eau, aucune fontaine n’est en état de marche, un particulier nous dépannera. Il ne reste que peu de distance pour être au sommet du col de Bérentin (1144 mètres), nous allons traverser le plateau du Retord.

Parcours presque tout en descente dans un décor typique du Jura. Un sursaut de montagne à franchir, quelques rampes à passer, un nouveau col a été franchi, La Cheminée (925 mètres) et encore une descente. Nous allons vers la vallée de l’Albarine. Brénod, gros bourg à la « fruitière » (cave à fromage) renommée, fait la sieste.

Il faut y tamponner nos cartes de route, recherches vaines, elles ont disparu, peut-être égarée en fin d’étape hier ?

Ne nous affolons pas ! Nous faisons un cachet sur notre itinéraire, on verra bien la suite !

Dès la sortie de la ville, quelques kilomètres de fortes montées, jusqu’où allons nous aller ? Le col de Pisseloup (968 mètres) est passé, pas de problèmes pour le suivant, il y plus à descendre qu’à monter, c’est le Sappel (785 mètres). Décidément nous perdons de l’altitude.

Nous retrouvons la grande route au site belvédère de Labalme. Vue magnifique sur la vallée de l’Ain qui coule 500 mètres en dessous. Pour les amateurs d’émotion forte, un système de câble permet de franchir l’abîme, le grand saut dans le vide. La route est moins scabreuse, au passage nous admirons l’imposant monument à la mémoire des maquis de l’Ain, pour atteindre le fond de la vallée près de Neuville sur Ain.

Un nouveau tampon, fait à l’hôtel du Faisan Doré et aussi un  « Ecomarché », car la journée s’achève, il est temps de se ravitailler. Nous suivons l’Ain jusqu’au village de Priay avant de partir à la recherche d’une ferme, ce qui ne manque pas par ici. Le plus compliqué est d’en trouver le propriétaire, souvent à cette heure encore dans les champs. Les hangars sont pleins de paille, nous trouverons toutefois un petit coin, pour nous loger, que nous aménagerons confortablement, les duvets feront le reste. Une journée bien remplis avec cinq cols et 107 kilomètres.

Un chaud soleil nous attend au réveil, notre matinée va se passer dans les Dombes, cette région plate couverte d’étangs, c’est le paradis des oiseaux, plus de 400 espèces y séjournent, nous ne les verrons pas toutes. Un premier arrêt à Chalamont qui est le point culminant des Dombes, 293 mètres, c’est tout dire ! C’est aussi l’occasion d’un tampon quémandé au seul bar ouvert à cette heure « La Grenette ».

Beaucoup d’étangs, beaucoup de colverts, de hérons et d’aigrettes rencontrés dans  cette traversée pittoresque. Peu de villages si ce n’est Villars et son parc Ornithologique et Lapeyrouse ses châteaux et son église où il fait bon prendre un peu de fraîcheur. La matinée est bien entamée lorsque nous entrons à Trévoux qui a conservé un vieux quartier où se retrouve les bâtiments de sa gloire passée.

Nous continuons vers la Saône et traversons Anse. Au « Leader Price » lors de nos achats, Yannick s’enquiert, avec son accent du midi, auprès d’une employée de l’emplacement du pain. Celle-ci l’amène au rayon des peignes…

Proche de là un petit parc tranquille pour le pique-nique, nous aurons la visite d’un écureuil venu voir qui osait envahir son royaume.

Il nous tarde d’achever notre randonnée permanente, aussi nous ne nous attardons pas trop. Quelques bosses surprises du côté de Chazay, nous sommes en Beaujolais (sans dégustation !), enfin le panneau Lozanne et la photo souvenir, il est 13 heures 30.

Un désert… tout est fermé, seul une pharmacie semble ouverte, nous y ferons notre tampon d’arrivée. Voici que le ciel arrose à sa manière notre venue. Un bel orage éclate sur nos têtes. Yannick en profite pour passer un coup de fil à ses parents, qui nous apprennent la disparition de notre ami Ludo, tué au petit matin avec son auto, alors qu’il rentrait de sa passion, la fête. Il fut longtemps le compagnon de mes voyages, toujours joyeux et plein d’entrain. Disparaître à vingt ans, quelle affreuse nouvelle !

Texte de Louis ROMAND

Louis Romand a effectué cette Randonnée permanente avec Yannick qui a 15 ans ; Ils venaient de la Semaine Fédérale de Cernay et retournaient ainsi à vélo à Montauban leur lieu d’origine.

 

Lien vers cet article - Mise jour le 23 Juin 2012 par Sbastien ABBAT